Commentaire d’évangile

Commentaire d’évangile

Dimanche 22 Novembre

Fête du Christ-Roi

Évangile selon Saint Matthieu  25, 31-46

La fête du Christ-Roi clôt l’année liturgique au cours de laquelle se déploie la vie du Christ depuis son origine jusqu’à son retour à la fin des temps. Chaque jour, le chrétien est invité à imiter et à suivre le « Fils de l’homme » venu dans le monde pour lui offrir la vie éternelle.

L’évangile d’aujourd’hui nous donne les critères d’entrée dans cette vie éternelle.

Le tribunal divin :

Dans un premier temps, ce texte peut nous faire peur car nous devrons comparaitre devant le tribunal divin où le « Fils de l’homme » dans sa gloire siègera sur son trône entouré de ses anges : v. 31.

v.32 : « toutes les nations seront rassemblées devant lui ». Personne n’échappera à son verdict très rigoureux : Soit recevoir le royaume en héritage, soit être condamné au châtiment éternel.

Les critères du jugement sont très clairs, ils consistent en 6 gestes à accomplir chaque fois que nécessaire v. 35-36 : nourrir, abreuver, accueillir, vêtir, soigner, visiter. Ces actions relèvent de l’évidence et de l’urgence pour remédier aux détresses humaines les plus communes. Elles étaient courantes au temps de Jésus, mais aujourd’hui elles sont à l’échelle du monde, touchent des populations entières et semblent impossibles à éradiquer face à une économie mondialisée, la corruption, les paradis fiscaux. Ces critères de jugement restent très actuels.

Curieux procès où le juge se fait l’avocat des victimes identifiées par leur statut social et leurs conditions de vie : les plus petits et les plus faibles et le juge en fait ses frères, lui qui par obéissance à la volonté de son Père s’est abaissé prenant et vivant notre condition d’homme. Il s’identifie et fait corps avec les plus petits et les plus faibles : « J’ai eu faim, j’ai eu soif, j’étais étranger … », et il insiste : « Chaque fois que vous l’avez fait, c’est à moi que vous l’avez fait ; chaque fois que vous ne l’avez pas fait, c’est à moi que vous ne l’avez pas fait. ». Les victimes de l’injustice, de l’égoïsme, de l’indifférence,  c’est Dieu lui-même en la personne de son Fils.

Ces six gestes de compassion ne sont que la déclinaison d’un seul : l’amour du prochain. Pour Jésus, l’amour du prochain doit se concrétiser dans des faits : « Ce ne sont pas ceux qui disent ‘Seigneur, Seigneur’ qui seront sauvés, mais seulement ceux qui font la volonté de mon Père. » (Mt.7/21)

Qui peut être sauvé en étant compté parmi les brebis ?

Personne n’est parfait ni foncièrement mauvais. La brebis et le bouc sont intimement mêlés en chacun de nous.

Tout l’évangile nous affirme que Dieu aime chacun : « Aimez vos ennemis car votre père qui est aux cieux fait lever son soleil sur les méchants et les bons, et tomber la pluie sur les justes et les injustes » Mt 5, 45. Dans la parabole de la brebis égarée, le berger laisse les 99 brebis pour aller à la recherche de la centième égarée car « Votre Père qui est aux cieux veut qu’aucun de ces petits ne se perde » Mt 18,14. Même si quelqu’un était incapable de faire ne serait-ce qu’un seul minuscule acte de bonté durant toute sa vie, il serait le plus petit des petits et Dieu se précipiterait pour le visiter et tenter de l’aider. Et même si cet homme persistait, jamais Dieu ne cesserait de visiter, de proposer, de pardonner, et d’ouvrir sa porte.

Un jugement pour le salut.

Puisque Dieu nous aime, son jugement est une purification gardant le meilleur de chacun et écartant le pire. C’est un amour actif qui rend meilleur. Ce n’est pas un jugement qui sélectionnerait telle personne et rejetterait telle autre.

Grâce à ce jugement nous pouvons dépasser et éliminer ce qui est bouc en nous, pour que le meilleur de nous-même, la brebis, puisse s’épanouir. La présence agissante de l’Esprit Saint reçu au baptême nous permet d’en faire l’expérience un peu plus chaque jour.

De quel bouc encombrant les profondeurs de notre être pouvons-nous être ainsi libéré par Dieu aujourd’hui ?

Pour un chrétien, servir le « petit », c’est secourir son frère humain, c’est faire comme Dieu lui-même le fait en Christ. L’essentiel, c’est d’être, à notre mesure, comme Christ, source de résurrection pour nos frères : « Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » v.40.

La vie éternelle promise aux justes, v.46 on la vit déjà aujourd’hui, en laissant agir en nous la présence aimante, agissante et créatrice de l’Esprit Saint qui fait naître et grandir notre capacité à aimer comme Dieu nous aime.

« Heureux les pauvres, le Royaume des cieux est à eux.

Heureux les doux, ils auront la terre en partage.

Heureux ceux qui pleurent : ils seront consolés.

Heureux ceux qui ont faim et soif de justice : ils seront rassasiés.

Heureux les miséricordieux : il leur sera fait miséricorde.

Heureux les cœurs purs, ils verront Dieu.

Heureux ceux qui font œuvre de paix : ils seront appelés fils de Dieu.

Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice : le royaume des cieux est à eux » Mt 5,3-10

Evangile Matthieu 25, 31-46.

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples :

31 « Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire, et tous les anges avec lui, alors il siégera sur son trône de gloire.

32 Toutes les nations seront rassemblées devant lui ; il séparera les hommes les uns des autres, comme le berger sépare les brebis des boucs :

33 il placera les brebis à sa droite, et les boucs à gauche.

34 Alors le Roi dira à ceux qui seront à sa droite : “Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la fondation du monde.

35 Car j’avais faim, et vous m’avez donné à manger ; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli ;

36 j’étais nu, et vous m’avez habillé ; j’étais malade, et vous m’avez visité ; j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi !”

37 Alors les justes lui répondront : “Seigneur, quand est-ce que nous t’avons vu… ? tu avais donc faim, et nous t’avons nourri ? tu avais soif, et nous t’avons donné à boire ?

38 tu étais un étranger, et nous t’avons accueilli ? tu étais nu, et nous t’avons habillé ?

39 tu étais malade ou en prison… Quand sommes-nous venus jusqu’à toi ?”

40 Et le Roi leur répondra : “Amen, je vous le dis : chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait.”

41 Alors il dira à ceux qui seront à sa gauche : “Allez-vous-en loin de moi, vous les maudits, dans le feu éternel préparé pour le diable et ses anges.

42 Car j’avais faim, et vous ne m’avez pas donné à manger ; j’avais soif, et vous ne m’avez pas donné à boire ;

43 j’étais un étranger, et vous ne m’avez pas accueilli ; j’étais nu, et vous ne m’avez pas habillé ; j’étais malade et en prison, et vous ne m’avez pas visité.”

44 Alors ils répondront, eux aussi : “Seigneur, quand t’avons-nous vu avoir faim, avoir soif, être nu, étranger, malade ou en prison, sans nous mettre à ton service ?”

45 Il leur répondra : “Amen, je vous le dis : chaque fois que vous ne l’avez pas fait à l’un de ces plus petits, c’est à moi que vous ne l’avez pas fait.”

46 Et ils s’en iront, ceux-ci au châtiment éternel, et les justes, à la vie éternelle. »

Un commentaire

Ajouter un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *